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Réflexion sur le thème du don d’organes grâce au consentement présumé au sens large 

Quels sont selon vous les arguments en faveur du consentement présumé au sens large ?
Le consentement présumé au sens large pourrait amener les gens à réfléchir davantage à la question du don d’organes en cas de décès, et également à communiquer ou consigner cette volonté. Par ailleurs, le consentement présumé au sens large signifierait que le don d’organes est la norme, non son refus.

Quelle est l’acceptation du consentement présumé au sens large au sein des unités de soins intensifs de votre réseau ?   
La question du don d’organes est très présente dans les unités de soins intensifs et le don d’organes est accepté par une majorité des gens. Les spécialistes doivent avoir l’assurance que rien de fondamental ne changera en ce qui concerne les entretiens avec les proches et les procédures. Toutes les mesures relatives au don d’organes continueraient à être menées avec le plus grand soin. Nous espérons que l’introduction du consentement présumé au sens large entraînera plus de discussions au sein de la population. Chacun devrait en effet réfléchir à la question et décider pour soi-même s’il souhaite ou non faire un don d’organes et informer ses proches de cette décision ou la consigner dans le Registre national du don d’organes. Nous espérons que les familles devant actuellement prendre une décision relative au don d’organes allant dans le sens de la volonté de leurs proches décédés ne seront plus accablées par la question à l’avenir.

Quelles modifications concrètes apporterait l’introduction du consentement présumé au sens large à votre quotidien et à celui de vos collègues ?
Il est difficile d’estimer les changements concrets que l’introduction du consentement présumé au sens large apporterait dans le quotidien professionnel. Elle ne changerait rien aux entretiens avec les proches, qui continueraient à avoir lieu comme auparavant. On peut espérer que davantage de proches connaîtraient la volonté de la personne décédée. Reste à voir si l’introduction du consentement présumé au sens large augmenterait le nombre de dons d’organes.

Quelle influence l’introduction du consentement présumé au sens large aurait-elle sur les ressources des unités de soins intensifs ?
L’introduction du consentement présumé au sens large n’aurait probablement aucun impact sur les ressources des unités de soins intensifs. Nos équipes de soins intensifs sont très motivées pour prendre à la fois en charge les donneurs et les receveurs d’organes. L’effort lié à la prise de décision et à la prise en charge des donneurs d’organes ainsi que de leurs familles resterait élevé, même avec l’introduction du consentement présumé au sens large. 

Quel message en faveur du consentement présumé au sens large voudriez-vous faire passer à nos lectrices et à nos lecteurs ?
Introduire le consentement présumé au sens large est judicieux. Nous espérons qu’il incitera plus de personnes à déclarer leur volonté de leur vivant.