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Respecter le choix du patient et soulager les proches

Quels sont selon vous les arguments en faveur du consentement présumé au sens large ?
Il y a plusieurs arguments en faveur du consentement présumé au sens large. Tout d’abord, c’est la possibilité pour chacun de se prononcer sur le sujet du don d’organes et de s’assurer que la décision soit connue et respectée. En effet, suite à une enquête de l’OFSP, on sait que 80 pour cent de la population sondée est en faveur du don d’organes. Or lorsqu’un potentiel donneur est admis à l’hôpital, une carte de don est retrouvée dans moins de 10 pour cent des cas. Et si les proches du patient ne connaissent pas ses volontés, dans 60 pour cent des cas, le don sera refusé par la famille. En outre, dans cette période difficile le consentement présumé soulage les proches de devoir transmettre une réponse au nom du patient et le fait que le consentement présumé soit étendu, permet également de respecter l’avis des proches. Par ailleurs, dans les pays limitrophes où le consentement présumé est présent le nombre de donneurs par million d’habitants est plus important. Il ne faut cependant pas se contenter de ce type de consentement pour espérer augmenter le nombre de donneurs. Car les pays, où le nombre de donneurs d’organes par million d’habitants est le plus important, ont également mis en place des mesures pour former les médecins, augmenter le nombre de coordinateurs de don d’organe, et sensibiliser la population largement. C’est l’ensemble de ces mesures qui a permis une amélioration significative du nombre de donneurs. Une mesure supplémentaire serait de consigner dans le registre non seulement les refus, mais également les accords au don et la liste des organes que la personne souhaite donner le cas échéant. Ce registre doit être facilement accessible et modifiable si la personne le souhaite.

Quelle est l’acceptation du consentement présumé au sens large au sein des unités de soins intensifs de votre réseau ?

N’ayant pas mené une enquête sur la question dans les services des soins intensifs du PLDO au niveau des soignants et des médecins, je ne peux pas répondre à cette question.

Quelles modifications concrètes apporterait l’introduction du consentement présumé au sens large à votre quotidien et à celui de vos collègues ?
Le fait de connaître le souhait du patient ou sa non opposition au don d’organes permet d’aborder différemment la famille, car le choix du patient est connu. Cela peut les soulager dans ces moments difficiles et limiter pour eux le poids de la décision. Il est par contre important de souligner que les entretiens avec les proches auront toujours lieu, la discussion et l’information étant au centre de nos préoccupations.

Quelle influence l’introduction du consentement présumé au sens large aurait-elle sur les ressources des unités de soins intensifs ?
A priori les ressources des services des soins intensifs ne vont pas changer en cas de modification du type de consentement. Les patients potentiellement donneurs étant déjà admis dans les services de soins intensifs.

Quel message en faveur du consentement présumé au sens large voudriez-vous faire passer à nos lectrices et à nos lecteurs ?
Il est important de passer du consentement explicite au consentement présumé non seulement pour respecter le choix du patient qui s’est déterminé sur le sujet, mais également pour soulager les proches de devoir décider pour leur parent d’un potentiel don d’organes. De plus cette modification législative devrait augmenter le nombre de donneurs et par conséquent permettre à d’avantages de patients en liste d’attente d’être transplantés.