Une greffe de cœur pour le cardiologue

Le Dr Christian Grebmer dirige le service de thérapie par dispositifs médicaux au centre de cardiologie de l’hôpital cantonal de Lucerne. Spécialiste des troubles du rythme cardiaque, des défibrillateurs et des stimulateurs cardiaques, il maîtrise parfaitement son domaine. Mais il sait aussi, par expérience personnelle, ce que signifie être en attente d’un don de cœur – et en recevoir un. Nous avons rendu visite à la famille Grebmer quelques semaines seulement après la transplantation de Christian.

Carmen et Christian Grebmer sont reconnaissants de n’avoir eu à attendre « que » quelques mois pour recevoir un cœur. Ils apprécient et savourent leur meilleure qualité de vie depuis la transplantation cardiaque de Christian au début de l’année 2026. Sortir les poubelles, pousser une poussette ou courir après ses filles était devenu presque impossible pour lui auparavant.

« Le plus difficile pour moi a été de recevoir cet appel à deux heures du matin m’annonçant qu’un cœur compatible était disponible », confie Christian Grebmer, originaire d’Autriche. « On avance dans le brouillard et on doit abandonner toute responsabilité ; on ne peut plus intervenir. » Bien qu’il soit un cardiologue expérimenté, conseillant des patientes et patients souffrant de troubles du rythme cardiaque et implantant des stimulateurs cardiaques, « je ne suis pas chirurgien cardiaque », précise-t-il. Il se dit d’autant plus reconnaissant et soulagé de se sentir déjà en forme quelques semaines seulement après la transplantation.

Près d’un an à l’hôpital à l’âge de 12 ans

Sa vocation naît à 12 ans, lorsqu’une tumeur au foie le cloue pendant des mois dans un lit d’hôpital. Craignant de mourir, il demande à ses parents : « Pouvez-vous avoir un deuxième enfant ? » Il veut comprendre ce qui lui arrive et décide alors de devenir médecin. À 21 ans, on lui diagnostique une insuffisance cardiaque. Il y a deux ans, il est victime d’un « orage rythmique » avec son défibrillateur, une urgence vitale. Pourtant, en fin de compte, ce ne sont pas ses troubles du rythme cardiaque qui rendent une transplantation indispensable, mais bien son insuffisance cardiaque. « Mon état se dégradait de plus en plus. Et puis on nous a dit qu’il était temps de nous inscrire sur la liste d’attente. »

Sa fille de quatre ans
« Papa pourra-t-il garder son nouveau cœur ? »

Carmen et Christian Grebmer avec leurs filles (4 et 2 ans). Psychologue et enseignante à la Haute école de Lucerne, Carmen souhaitait aider sa famille à traverser cette période difficile et à en sortir plus forte. « Nous avons préparé les enfants du mieux possible et tout planifié à l’aide de checklists plastifiées – autant que faire se peut… »

Depuis avril 2026, Christian Grebmer a repris son activité au sein de l’hôpital cantonal de Lucerne et souhaite augmenter progressivement afin de reprendre un temps plein. Il se dit fier de ses collègues en cardiologie, qui l’ont remplacé pendant son absence et ont dû parfois fournir un double travail. Il tient également à saluer l’excellente prise en charge médicale qu’il a reçue à l’hôpital universitaire de Berne (Inselspital) lors de sa transplantation cardiaque. Et il est très reconnaissant de ce don de cœur : « Ma donneuse ou mon donneur a fait preuve d’une générosité incroyable en offrant ce cadeau, mais sa famille se retrouve maintenant privée de sa présence. Ces deux réalités me touchent toujours profondément. »

Dr Christian Grebmer
« J'ai eu une seconde chance. »

Une visite chez la famille Grebmer

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